L’imminente introduction en Bourse d’Uber, qui veut devenir « l’Amazon du transport

L’imminente introduction en Bourse d’Uber, qui veut devenir « l’Amazon du transport

Après la mise en vente de 180 millions d’action, vendredi, la valorisation d’Uber pourrait dépasser les 90 milliards de dollars, même si l’entreprise n’a jamais dégagé de bénéfices depuis sa création en 2009.

Début septembre 2018, Dara Khosrowshahi est l’invité vedette de la conférence TechCrunch, l’un des rendez-vous annuels de la tech, à San Francisco. En jeans et sweat-shirt, chaussettes bariolées, mais sans tennis, le nouveau PDG d’Uber expose son intention d’introduire en Bourse la compagnie de voitures avec chauffeur (VTC).

« Nous voulons être l’Amazon du transport », explique-t-il. Une compagnie où l’activité de taxi ne sera plus le cœur de métier, mais qui transportera consommateurs, produits et nourriture « d’un point A au point B ». Que ce soit en VTC, à trottinette électrique, à vélo en libre-service ou en taxi volant. « Dans le futur, plus personne n’aura de voiture, et c’est à espérer », déclare-t-il.

Un nouveau PDG choisi par défaut

Ancien PDG du voyagiste en ligne Expedia, Dara Khosrowshahi sort à cette époque d’une longue campagne de relations publiques, de Londres au Brésil et à l’Inde, visant à essayer de redresser l’image de la plate-forme ternie par une succession de scandales.

En juin 2017, le fondateur d’Uber, le colérique Travis Kalanick, a été limogé de son poste de PDG par son propre conseil d’administration, pour ses frasques et quelques fraudes. Le nom Uber et son dérivé « ubérisation » sont devenus, dans le monde entier, synonymes d’une « économie de partage » qui crée la précarité.

La perspective d’une introduction en Bourse paraît alors compromise, à la consternation des firmes de capital-risque. Celles-ci commencent à trouver un peu lourd d’avoir à financer seules le déficit chronique d’une société qui subventionne chaque course pour écraser la concurrence et qui « brûle » 1 milliard de dollars (891 millions d’euros) par an depuis son lancement en 2009.

BOURSE